Parc Jules Coutant
Date de construction : 1913
Avenue Georges Gosnat

L'ouverture en 1913 du parc Jules Coutant est l’une des décisions qui a marqué la mandature de Jules Coutant, député socialiste de la circonscription depuis 1893 et maire d’Ivry-sur-Seine à partir de 1908.

Volonté politique

L’aménagement de parcs et de jardins fait partie des préoccupations politiques du début du XXe siècle. Pour sa commune, Jules Coutant estime ainsi que "le développement continu de la ville d’Ivry dont le territoire se couvre sans cesse de constructions nouvelles et l’agglomération d’habitants qui en résulte, impose à l’administration municipale de devoir prendre toutes les mesures propres à assurer et à améliorer l’assainissement de cette grande cité industrielle". L’aménagement d’un jardin public doit, écrit-il, permettre "aux modestes travailleurs comme aux simples bourgeois de pouvoir se reposer des fatigues de la journée ou du surmenage de la semaine en venant goûter le repos dans la tranquillité du parc".

Réalisation

Georges Maillet, adjoint au maire, propose donc en 1911 l’acquisition de l’école professionnelle Pompée située tout près de la mairie et du parc qui en dépend pour en faire "un grand parc communal ». Le projet est exécuté en quelques mois. L’école Pompée, construction de style Louis XV complétée par une orangerie est démolie. L’aménagement du jardin est confié à Auguste Loizeau, architecte paysagiste parisien. Il dessine les parterres et les pelouses et conserve les vieux arbres du parc. Un kiosque, un bassin et des bancs complètent l’installation dont l’entretien revient à un jardinier spécialement recruté. Le service des Beaux-Arts de la préfecture de la Seine cède à la commune deux œuvres : un narcisse et un groupe de chiens. Quatre vases de grès cérame de la manufacture nationale de Sèvres sont également attribués pour la décoration du parc. Des fontaines Wallace y sont installées.

Inauguration et dénomination

Le 27 juillet 1913, le nouveau parc est inauguré en présence de Poincaré, Président de la République. Cette initiative est l’objet d’une campagne de protestation orchestrée par Edmond Lapierre, secrétaire de la section ivryenne du Parti socialiste unifié et adversaire politique de Jules Coutant. Selon un rapport de police, les manifestations prévues n’ont pas eu lieu et le Président de la République a été "chaleureusement acclamé par les nombreuses personnes qui étaient massées sur tout le parcours". Pour le cinéma, les actualités Gaumont fixent définitivement l’événement qui est suivi de "grandes réjouissances publiques", retraites aux flambeaux, feux d’artifices et bals publics dans les trois quartiers de la commune. Le 30 août suivant, Jules Coutant meurt à Arpajon-sur-Cère dans le Cantal. Le parc prend alors le nom de son initiateur.

Aménagement

Un jardin d'enfants entre le parc Jules Coutant et le groupe d'Habitations à Bon Marché rue Denis Papin est réalisé en 1934. Un projet de fontaine décorative décidé en 1941 par la section de la main-d'œuvre des artistes en chômage du Commissariat de la lutte contre le chômage est abandonné en 1945. Il reste de cette période une sculpture représentant un groupe d'enfants avec bélier dû au sculpteur Louis-Henri Nicot. En 1946, et pour quelques mois seulement, le jardin abrite un théâtre de Guignol.

Parc Jules Coutant, années 1910-1920. - © Archives municipales d'Ivry-sur-Seine.
Parc Jules Coutant, années 1910-1920. - © Archives municipales d'Ivry-sur-Seine.
Le parc Jules Coutant pavoisé de drapeaux tricolores pour son inauguration. 27 juin 1913. - © Archives municipales d'Ivry-sur-Seine.
Le parc Jules Coutant et la cité Denis Papin avant la construction de la cité Spinoza. Années 1950. - © Archives municipales d'Ivry-sur-Seine.
Projet de fontaine pour le parc Jules Coutant, 1941. - © Archives municipales d'Ivry-sur-Seine.
"Groupe d'enfants avec bélier", Louis-Henri Nicot, 1941. - © Archives municipales d'Ivry-sur-Seine.
Thèmes
Quartiers
Mots-clés

Bibliographie

Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. D'ombre, de bronze et de marbre. Sculptures en Val-de-Marne 1800-1940. 1999.

Emmanuel Bellanger, Ivry, banlieue rouge, capitale du communisme français, Créaphis, 2017.

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