Cimetière parisien d'Ivry
Création : 1861.
44 avenue de Verdun

Enclave de la ville de Paris à Ivry, le cimetière parisien s’étend sur 28 hectares et comporte environ 48 000 concessions. Depuis sa création en 1861, la personnalité et la vie de nombreux défunts qui y ont été inhumés confèrent à ce lieu une valeur historique et mémorielle certaine. 

Un cimetière parisien à Ivry-sur-Seine

De la seconde moitié du XIXe siècle au début du XXe siècle, la ville de Paris décide d’acquérir des terrains en proche banlieue afin de pallier au manque de place disponible pour la création de nouveaux cimetières à l’intérieur de ses limites communales. Non sans contestation, Saint-Ouen (1860), Ivry (1861), Pantin (1886), Bagneux (1886) puis Thiais (1929) sont choisis par les édiles de la capitale pour accueillir des cimetières parisiens extra-muros. Celui d’Ivry est créé en 1861 puis agrandi en 1874. Il accueille, dès son ouverture, les sépultures de Parisiens habitant  les arrondissements de la rive gauche de la Seine puis à partir de 1929 de tout Paris. Prenant la relève du cimetière du Montparnasse, il reçoit au sein du « carré des suppliciés » les dépouilles des condamnés à mort dont les familles n’ont pas réclamé les corps.

En 1871, de nombreux communards y sont ensevelis dans des fosses communes. À partir de la Première Guerre mondiale, il devient aussi un cimetière militaire. Beaucoup de soldats de la Grande guerre décédés des suites de leurs blessures dans les hôpitaux de la capitale y sont inhumés. Les nationalités représentées sont multiples même si les soldats italiens sont particulièrement nombreux.

À proximité du cimetière, de nombreux marbriers s’installent tandis que les trottoirs sont envahis de couronnes mortuaires et de compositions vendus par des fleuristes dont les boutiques portent des noms évocateurs : À la pensée, L’immortelle, À la grâce de Dieu, Au dernier repos…

Le cimetière parisien et la Seconde Guerre mondiale

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le cimetière parisien d’Ivry occupe une place à part dans la géographie mémorielle de la Résistance en Ile-de-France. Tout au long de l’Occupation, plusieurs centaines de résistants exécutés par les autorités allemandes ont été enterrés dans des fosses communes du cimetière. Trois monuments leur rendent hommage. Une stèle composée d’un buste de Missak Manouchian rappelle les noms des 22 membres des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans-main-d’œuvre immigrée) de l’Affiche rouge condamnés à mort le 15 février 1944 par le tribunal militaire allemand du Grand-Paris. Ils ont été fusillés au fort du Mont-Valérien le 21 février 1944 puis inhumés au cimetière parisien d’Ivry. Parmi eux, quatre Ivryens : Robert Witchitz, Celestino Alfonso, Roger Rouxel et Wolf Wajsbrot.

L’utilisation du cimetière parisien d’Ivry sous l’Occupation explique la venue du général de Gaulle, accompagné de membres du gouvernement et du Comité parisien de la Libération, le 1er novembre 1944 à l’occasion de la journée nationale des massacrés et fusillés.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le cimetière parisien a également accueilli les sépultures de soldats allemands tués entre autre lors d’attentats commis par des résistants dans la région parisienne.

Un lieu de promenade et de visite

Aujourd’hui, le cimetière parisien attire également des visiteurs et des promeneurs qui se rendent sur les tombes d’individus célèbres, observent des sépultures remarquables ou profitent simplement du plus grand espace vert du secteur.

Outre les nombreux résistants, le cimetière parisien accueille les sépultures de plusieurs personnalités dont entre autres :

  • Lazare Ponticelli (1897-2008), dernier Poilu mort en 2008 au Kremlin-Bicêtre à l’âge de 110 ans.
  • Arthur London (1915-1986), auteur de L’Aveu, résistant en France au sein de la MOI durant la Seconde Guerre mondiale puis homme politique en Tchécoslovaquie.
  • Ferdinand Desnos (1901-1958), peintre.
  • Arthur Adamov (1908-1970), écrivain et auteur dramatique.
  • Louis Caput (1921-1985), coureur cycliste et directeur sportif.

Enfin, ce cimetière présente la particularité de posséder une végétation importante qui en fait un lieu de promenade mais aussi un cadre naturelle propice à l’accueil d’une faune variée. De nombreux oiseaux appartenant à 46 espèces y ont été recensés dont des chouettes hulottes et des éperviers. Des hérissons ou encore des renards y ont également été observés.

Photographie aérienne du cimetière parisien d'Ivry, 1990. - Archives municipales d'Ivry-sur-Seine © Marcel Chevret.
Le carré des suppliciés, 1900-1910. - Archives municipales d'Ivry-sur-Seine © Éditions J. H.
"À l'immortelle", ancienne maison Allègre, Palus successeur, entreprise de marbrerie, route de Choisy (rue de Verdun), années 20. - © Archives municipales d'Ivry-sur-Seine.
Inauguration de la stèle Missak Manouchian, réalisée par le sculpteur arménien Ara Harouthiounian, en présence de Mélinée Manouchian, 4 novembre 1978. - Archives municipales d'Ivry-sur-Seine © G. Pajadon.
Le général de Gaulle, plusieurs membres du gouvernement et du Comité parisien de la Libération pour la journée des massacrés et fusillés, 1er novembre 1944. - © Archives municipales d'Ivry-sur-Seine.
Tombes de soldats allemands morts pendant la Seconde Guerre mondiale en région parisienne. Photographie prise en mars 1943. - © Archives municipales d'Ivry-sur-Seine.
Thèmes
Quartiers
Mots-clés

Sitographie

http://www.mont-valerien.fr

Bibliographie

  • Jacques Barozzi, Guide des cimetières parisiens, éditions Hervas, 1990.
  • Emmanuel Bellanger, Ivry banlieue rouge, XXe siècle, Créaphis éditions, 2017.
  • Les fusillés (1940-1944), Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés par condamnation et comme otage ou guillotinés, sous la direction de Claude Pennetier, Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty et Delphine Leneveu, Éditions de l’Atelier, 2015.
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